Jean-François Rey : « il faut reprendre les négociations conventionnelles »

Sandra Boutin
Depuis l´été dernier, semble-t-il, le temps n´est pas au beau fixe à la CSMF. La signature du RCM a laissé des traces et aujourd´hui, les adhérents de l´U.ME.SPE. font savoir à leur président, Jean-François Rey, que le discours de Michel Chassang ne leur convient pas. Parallèlement, le Dr. Rey affirme ne pas croire à une réelle volonté de réforme de la part du gouvernement et demande à reprendre les négociations conventionnelles avec les caisses d´assurance maladie.



« On est dans une évolution du système de santé à l´anglaise : on remplace les médecins par des paramédicaux. On va diminuer étape par étape toute la qualification des professionnels de santé », dénonce Jean-François Rey. Amer, le numéro 1 de l´U.ME.SPE. considère que le gouvernement cherche, avec la mise en place des groupes de travail, à gagner du temps avant les élections mais qu´il n´a défini « ni les masses financières ni le panier de soins ». Du coup, le Dr. Rey signale avoir refusé, à titre personnel, de participer à ces groupes dont il n´attend rien.

Retour à la table des négociations

En revanche, et parce que rien n´est sorti du règlement minimal conventionnel signé en catimini l´été dernier, le Dr. Rey considère qu´il faut reprendre le chemin du dialogue conventionnel. Il se range donc finalement du côté de Dinorino Cabrera (SML) qui en avait fait la demande en novembre dernier (lire dans notre édition du 12 novembre 2003) et de Pierre Costes (MG-France) qui confiait hier à la rédaction d´Egora s´acheminer dans le même sens. Ainsi, depuis le 15 octobre dernier, justifie le président de l´U.ME.SPE., le comité de pilotage et la classification commune des actes médicaux n´ont pas avancé. Il met en cause le gouvernement et sa réelle volonté de faire progresser l´organisation du système de soins et finit par en déduire que si rien ne se fait par ce biais, il faut donc revenir à la table des négociations avec les caisses d´assurance maladie. Et de lister les axes sur lesquels l´Union nationale des médecins spécialistes s´engagera le cas échéant : la qualité des soins, l´évaluation des pratiques professionnelles, la CCAM, la coordination des soins ou encore le dossier médical partagé.

Interviewé par Egora, Michel Chassang n´a pas souhaité réagir à cette prise de position du Dr. Rey, soulignant simplement qu´il y aura des discussions en interne à ce propos. En revanche, il a estimé que cela révélait une nouvelle fois « l´impatience qui règne chez les spécialistes (…). Les gens ont horreur de ne pas avoir d´horizon. Il n´y a rien de plus déstabilisant que de ne pas savoir de quoi demain sera fait ».

Débat démocratique à la CSMF

Selon le Dr. Rey, les adhérents ont du mal à se reconnaître dans le discours de Michel Chassang. Pour lui, « la CSMF doit redevenir un syndicat de combat et non d´accompagnement de la politique du gouvernement ». Aussi, prévient-il, les prochains rendez-vous du syndicat – conseil confédéral le 21 février, comité directeur de l´U.ME.SPE. le 14 mars et assemblée générale de la CSMF les 21 et 22 mars – devraient permettre d´échanger et de faire entendre les attentes de la base. Il précise toutefois que « même si l´on n´écoute pas nos requêtes, l´U.ME.SPE. restera dans la CSMF. Il s´agit simplement d´un débat démocratique ».



Pour sa part, le Dr. Chassang affirme comprendre le malaise récurrent des spécialistes. Il estime même que « c´est une branche médicale qui mérite d´être entendue ». Cependant, il signale qu´à ses yeux, la CSMF ne fait absolument pas de l´accompagnement en ce qui concerne la politique du gouvernement.