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Libre opinion d'un Médecin ORL

A l'occasion du combat pour le passage en secteur 2, il faut rappeler que les véritables richesses d'un médecin, sont ses connaissances. Lui interdire de les céder au prix qu'il estime, c'est nier son droit de propriété sur son propre savoir, et mettre sous séquestre les fruits de son activité intellectuelle.

Négation du droit fondamental d'échanger ses biens, le contrôle des prix n'est considéré comme légitime qu'en période de guerre. Jusqu'à Raymond Barre, les gouvernants français eurent l'invraisemblable culot de le prolonger pour tous les Français. Que dire alors de son maintien jusqu'à aujourd'hui pour les seuls médecins libéraux! Seule leur surproduction délibérée après 1968 a permis qu'ils tolèrent si longtemps des rémunérations aussi ridicules, au point qu'avec le recul, on peut se demander si elle n'était pas en grande partie faite pour cela.

Aussi la question actuelle n'est pas de savoir si les médecins devraient être libres de fixer leurs tarifs, mais tout au contraire au nom de quel(s) principe(s) ils seraient les seuls à ne pas pouvoir le faire. La bienpensance gluante, forme hypocrite d'un terrorisme intellectuel qui ne s'est jamais si bien porté, nous répond que la santé n'est pas un bien comme un autre, et qu'elle ne doit pas être livrée aux lois du marché. Mais la nourriture et le logement ne sont-ils pas également des besoins fondamentaux? Les prix du pain et des appartements sont-ils pour autant fixés par la puissance publique?

Il est évident que la démographie médicale actuelle nous place objectivement dans une position de force inconnue depuis des décennies. Il est donc attristant de constater à quel point l'enseignement de l'ignorance économique est efficace dans notre pays, quand on entend un président de syndicat dire: "Ouvrir la concurrence sur les prix est très risqué. Je n'ai jamais vu une libéralisation totale des prix qui aboutisse à leur envolée; bien au contraire, ils baissent ". Ce danger existait peut être quand la pléthore faisait que certains médecins prenaient des gardes chaque nuit, pour grappiller la clientèle du voisinŠ Mais aujourd'hui ? La situation est inverse, et la règle éternelle qui veut que tout ce qui est rare (et a fortiori utile) soit cher, ne demanderait qu'à s'appliquer si nous étions dans un système économique.

Mais nous sommes dans un système politique, où une sécurité sociale monopolistique, et forteresse des féodalités syndicales de salariés, paye d'abord les siens. Puis les hôpitaux, où tout est organisé pour qu'on en fasse le moins possible, mais au plus fort coût. C'est ainsi que nous avons l'assureur maladie le plus cher du monde, que la qualité des soins se dégrade, et que le médecin libéral français du secteur 1 est le plus mal payé.

Tant que les syndicats médicaux ne voudront connaître que ces partenaires, le pouvoir d'achat des médecins restera la variable d'ajustement du déficit de la sécurité sociale.

Richard HANLET, ORL, Versailles.