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SYNDICAT NATIONAL DES OPHTALMOLOGISTES DE FRANCE


Communiqué du SNOF

9 mars 2004

Les Caisses d'assurance maladie ont intensifié la guerre qu'elles ont déclarée aux professionnels de santé. Les médecins spécialistes étaient déjà les cibles privilégiées de leurs tracasseries et de leurs médisances. Un nouveau degré dans l'attaque est atteint, cette fois sur le terrain judiciaire : les Caisses traînent plusieurs centaines de praticiens devant les tribunaux pour obtenir leur condamnation à de lourdes amendes.

En fait, ces médecins spécialistes sont acculés depuis plus de 8 ans par une réglementation inique à un blocage complet des tarifs de leurs honoraires. La moitié des ophtalmologistes français (du « Ier Secteur » conventionnel) se voit ainsi interdire le recours « avec tact et mesure » aux dépassements d'honoraires qui sont autorisés à l'autre moitié de cette catégorie professionnelle. Or tout le monde, y compris les ministres et les Caisses, a publiquement admis que ces tarifs ne permettaient plus à ces praticiens de s'équiper pour suivre les constants progrès des techniques médicales. Si ces médecins « d'en bas » se résignaient à leur sous-équipement, ils accepteraient d'être complices de la « médecine à deux vitesses » sournoisement programmée pour faire des économies.

Leur Code de Déontologie et une sévère jurisprudence leur dictent une obligation de moyens à laquelle les Caisses veulent les empêcher de satisfaire. Leur révolte contre ces inacceptables contraintes est en réalité un combat pour la qualité des soins, au service de leurs patients et de la santé publique.

Les Centrales syndicales médicales, dont certaines sont restées étrangement passives face à ce scandale, doivent à présent se joindre à la mobilisation solidaire de tous les médecins spécialistes. Si leur mollesse dans la défense professionnelle se confirme, le Syndicat national des Ophtalmologistes de France, unique représentatif de la spécialité, et qui dès l'origine s'est engagé dans un soutien vigoureux et concret des praticiens du Ier Secteur, en tirera toutes les conséquences.

Quant à l'actuel ministre de la Santé, en place depuis plusieurs années, iln'a rien fait pour compenser, si peu que ce soit, une criante injustice dans le secteur d'activité dont il a la responsabilité. La négligence de ce Gouvernement à leur égard conduira sans nul doute les médecins spécialistes à s'en souvenir lorsque, dans les prochains temps, ils seront appelés à voter.

L'indifférence, le mépris, et à présent la hargne des Caisses d'assurance maladie auront en tous cas un résultat concret : le naufrage du « Ségur de la santé » lancé avec une si prétentieuse emphase. Comme les autres médecins spécialistes, les Ophtalmologistes de France refuseront de participer dans ce climat détestable à la prétendue concertation par laquelle on voudrait les manipuler.

Ils présenteront solennellement, dans les prochaines semaines, leurs propositions pour l'avenir de l'assurance maladie et de l'organisation de la distribution des soins. Ils témoigneront ainsi de leur volonté constructive et responsable d'agir, une fois de plus, au service des usagers qui leur font confiance.