TULLE (AFP)
20 Mars 2004 23h43

Démission administrative de tous les chefs de services de l'hôpital de Tulle


Les 21 chefs de service de l'hôpital de Tulle ont présenté vendredi leur démission administrative pour dénoncer les "manques de moyens et de personnels" et l'incurie de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH), a-t-on appris samedi auprès du Dr Arnaud Collignon, chef des urgences.

"Tous les chefs de services ont donné leur démission", a affirmé le Dr Collignon, précisant que "l'hôpital continue à fonctionner car cela ne concerne pas les soins".

Dans une lettre envoyée au ministre de la Santé Jean-François Mattei, à la direction de l'ARH et de leur hôpital, les médecins démissionnaires protestent contre "l'inéxorable dégradation de (leur) outil de travail", alors que les besoins médicaux du bassin de Tulle ne cessent d'augmenter en raison notamment de la population âgée.

"Une pénurie médicale s'instaure et nous travaillons dans des conditions de plus en plus difficiles par manque de moyens médicaux et de personnels", a ajouté le Dr Collignon.

La fermeture en 2003 de la clinique privée de Tulle et de ses 60 lits a provoqué une regain d'activité pour le centre hospitalier mais aucun moyen supplémentaire ne lui a été alloué, a-t-il précisé.

"Chaque fois que nous avons des projets, il faut attendre quatre à cinq ans pour les voir aboutir et c'est toujours grâce à une intervention politique de François Hollande (le député-maire de Tulle, ndlr) ou Bernadette Chirac (conseillère générale de Corrèze, ndlr). Nous voulons prendre en main l'avenir de notre hôpital", a poursuivi le médecin.

Dans leur lettre, les chefs de services exigent que "soit défini, par écrit, l'avenir de l'établissement sur cinq ans".

Une réunion a eu lieu samedi matin avec le directeur de l'ARH, Jean-Louis Durand-Drouhin, et "d'autres rencontres sont prévues la semaine prochaine", a ajouté le Dr Collignon.

© 2004 AFP

 

Avec un seul chirurgien orthopédiste et un seul chirurgien digestif, la clinique Saint Damien de Tulle fermée l'an dernier assurait les 2/3 de la chirurgie de la ville. Une partie des lits a été transférée à Brives où exercent maintenant les chirurgiens. Un départ visiblement difficile à combler.