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Edition du 21 Février 2004

Midi-Pyrénées : l'hôpital public investit et reprend des cliniques


De plus en plus de cliniques privées en difficulté sont reprises par les hôpitaux. Parallèlement, le secteur public va agrandir le CHU de Toulouse Purpan et reconstruire ou rénover les hôpitaux Foix - Pamiers, Rodez, Castres - Mazamet, Cahors.


Toulouse. La région Midi-Pyrénées est le théâtre d'un important programme de reconstruction d'hôpitaux publics et de reprise de cliniques privées. C'est la deuxième région française après la Corse, où l'hospitalisation privée est la plus implantée avec 55% des lits en chirurgie et 40% en médecine, mais les cliniques ont un équilibre financier précaire à cause d'une tarification des actes inférieure de 10% à la moyenne nationale.
"Conserver les équipes médicales". Cette fragilité du secteur privé entraîne un mouvement de concentration : le nombre de cliniques a chuté de 101 à 33 établissements entre 1974 et 2004 et leur capacité a diminué de 5000 à 4200 lits. Les cliniques reculent dans les zones rurales : leur nombre de lits est passé de 1000 à 500 dans le Tarn en trente ans alors qu'il a progressé de 2200 à 2600 en Haute-Garonne avec la croissance de l'agglomération toulousaine.
La restructuration du secteur privé s'opère de deux façons. Les grands établissements toulousains sont rachetés par des groupes médicaux privés, comme le suédois Capio qui a repris l'an dernier les trois cliniques Beaupuy, du Parc et des Cèdres, cette dernière étant la plus grande de France.
Dans les départements ruraux, de plus en plus de cliniques en difficulté sont reprises par l'hôpital public. "Nous voulons éviter les dépôts de bilan pour conserver les équipes médicales", explique Pierre Gauthier, directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH).
Ainsi, l'hôpital de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) a repris début 2003 la clinique Saint-Alain, l'hôpital de Lavelanet (Ariège) a intégré en janvier 2004 La Soulano en dépôt de bilan et celui de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) absorbera fin février la Polyclinique du Comminges. De même, les maternités privées d'Auch, Rodez et Cahors ont été transférées aux hôpitaux entre 2000 et 2002 et celle de Castres le sera en 2005.
Programme de reconstruction. A chaque fois, l'hôpital récupère les moyens budgétaires et reprend le personnel non médical et certains médecins, tandis que des chirurgiens continuent d'intervenir en libéral en payant une redevance à l'hôpital. "Cette restructuration se poursuivra pendant trois ans car il reste encore cinq ou six établissements fragiles ", ajoute Pierre Gauthier.
Parallèlement, l'ARH a engagé un grand programme de reconstruction et de rénovation des hôpitaux publics d'un montant de 160 millions d'euros par an de 2003 à 2007, en hausse de 30% par rapport aux investissements précédents, alors que les besoins sont estimés à 1 milliard.
Le nouvel hôpital de Foix-Pamiers a ouvert en 2000, celui de Rodez sera reconstruit à la fin 2005 pour 100 millions d'euros et celui de Castres-Mazamet à la fin 2007 pour 115 millions, tandis que l'hôpital de Cahors sera rénové en 2006 pour 25 millions.
Reste à financer la restructuration du CHU de Toulouse Purpan, dont le coût est évalué à la bagatelle de 520 millions d'euros mais pour lequel l'ARH n'a prévu que 85 millions dans le plan Hôpital 2007.
Ce grand projet échelonné sur plusieurs années comprend la construction d'un plateau technique mutualisé, d'un institut locomoteur, d'un institut de neurosciences, d'un pôle céphalique ORL, d'un institut fédératif de biologie et enfin d'un pavillon de liaison entre les parties haute et basse de Purpan.
Pour le financer, le CHU envisage de vendre l'ancien hôpital La Grave au centre de Toulouse dont une partie (la chapelle) est classée monument historique.

Laurent Marcaillou