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A la suite du témoignage du Dr Oufroukhi, chirurgien à Saumur, mis en ligne le 12 avril 2004, deux réactions de pharmaciens hospitaliers.

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12 avril 2004

Le témoignage du Dr Oufroukhi

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De Dominique THIVEAUD Pharmacien à Xavier BEAUCHAMPS, comme webmaster du site Cochise.

22 avril 2004

Je suppose que vos "nouvelles" "Cochise" relèvent plus de la prise de position ou de l'opinion libérée que d'un traitement journalistique relativement objectif.

Je veux bien comprendre les inquiétudes qui habitent actuellement le secteur privé ( le secteur public a les siennes) mais je reste interloqué quand je lis des affirmations de certains de vos "écrivains" .
J'en veux pour preuve la lettre du 12/04/2004 d'un chirurgien de Saumur.

En effet, il mélange à la fois ses inquiétudes quant au traitement d'un dossier -qui paraît difficile en l'état, du fait d'un contexte politico administratif très complexe et surtout peu stabilisé-, et des allégations quant à des décisions pharmaceutiques qu'il juge de façon "personnalisée" comme relevant d'incompétence en matière de stérilisation.
Je ne jugerai pas de la qualité de ce chirurgien dans sa pratique professionnelle, (je n'en ai ni la connaissance, ni la compétence), par contre j'attire votre attention sur la qualité de la personne mise en cause au travers seulement de son déterminant professionnel: "la pharmacienne"...
Je crois pouvoir dans ce domaine me permettre de m'inscrire en faux sur ses dires: la dite "pharmacienne" est une personne de compétence reconnue en matière de stérilisation, experte auprès de l'AFNOR. Je tiens à vous faire part en tant, entre autres, que responsable pédagogique du DU de stérilisation de l'université de Toulouse, rédacteur de la revue "Hygiène en milieu hospitalier", enseignant au DU de Stérilisation de Bordeaux , de l'entière confiance comme praticienne confirmée du domaine que je lui voue.

Je crois que si la censure est une notion difficile à appliquer dans la parole libérée d'Internet, le droit de réponse est une notion élémentaire qui devrait pouvoir être proposée, à moins d'entamer des procédures pour lesquelles je ne suis pas sûr que notre objectif commun qui est la santé des citoyens de notre pays n'a à gagner!

Bien cordialement à vous, en espérant que la sagesse reste toujours de mise, même si les contextes peuvent parfois entraîner à quelques débordements...


Dominique THIVEAUD
Pharmacie
UF Stérilisation Matériovigilance Gestion des Risques
CHU Hôtel Dieu 31059 Toulouse cedex 9 tél:(05 61 7)78319

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De Armelle Develay Pharmacien des Hôpitaux à Xavier BEAUCHAMPS, comme webmaster du site Cochise.

23 avril 2004

Monsieur,

Je m'adresse à vous en tant que président du Syndicat des Pharmaciens des Etablissements de Santé.

Un article concernant le rapprochement public privé que l'on peut lire sur votre site COCHISE tient des propos diffamatoires et contraires aux règles de la déontologie sur l'une de nos consoeurs, pharmacien hospitalier à Saumur.

Brigitte CLEROUIN est non seulement expert auprès de notre syndicat en matière de stérilisation, mais également auprès de plusieurs universités, de l'AFNOR et du Ministère de la Santé.

Ayant personnellement participé à la rédaction des normes et de la règlementation en matière de stérilisation, comment pourrait-elle "inventer à chaque réunion de nouvelles normes" ?

Par ailleurs les deux exemples repris dans cet article sur le nettoyage et la stérilisation de dispositifs médicaux montrent bien que leur auteur ne connaît pas les bonnes pratiques de stérilisation.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Monsieur, mes salutations distinguées.


Armelle Develay
Pharmacien des Hôpitaux
CHU de Nîmes Président du SYNPREFH
30, boulevard Pasteur 75015 PARIS
06 61 10 20 95 armelle.develay@wanadoo.fr

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De Xavier BEAUCHAMPS à Dominique THIVEAUD & Armelle DEVELAY

26 avril 2004

Je réponds de façon conjointe à vos deux courriels. Les lire m’a fait grand plaisir : je ne pensais pas que le site COCHISE était fréquenté par les pharmaciens des hôpitaux.

Petite précision : ce site est destiné à l’expression des chirurgiens de secteur 1, qui ne travaillent pas nécessairement dans le secteur privé : il y a des hospitaliers au sein du groupe.

Les prises de position sont celles de professionnels ayant les mains dans le cambouis de la chirurgie, pas celle de journalistes, encore moins d’écrivains. Leur point de vue est donc bien évidement subjectif.

Vous réclamez un droit de réponse à l’une de ces prises de position émise par un collègue de Saumur : inutile d’agiter la menace de procédure, c’est bien volontiers que j’insérerai cette réponse : celle de la pharmacienne intéressée si elle se manifeste rapidement, à défaut vos deux courriels puisque vous parlez en son nom. Cela ne pourra que contribuer à alimenter ce débat, qui ne sera pas clos d’ailleurs. J’attire votre attention sur le fait que notre diffusion est limitée, et que ce faisant vous donnez plus de notoriété à notre site, ce qui n’est peut-être pas le but que vous recherchez.

Comme vous le soulignez notre objectif commun est la santé des citoyens de notre pays. Vous soulignez également « bien comprendre les inquiétudes qui habitent actuellement le secteur privé », ajoutant : « le secteur public a les siennes ». Ne connaissant ni les acteurs ni la situation de Saumur, je n’ai aucune opinion personnelle fondée sur votre débat. Par contre le placer au niveau d’une opposition secteur privé-secteur public me semble très réducteur : Les normes sont les mêmes pour tous. Elles ne s’appliquent toutefois pas partout avec la même sévérité, ni avec la même célérité. Il est vrai que la fermeture pour non-conformité d’un hôpital parisien flambant neuf comme Georges Pompidou, accompagnée de celle d’une bonne partie des autres établissements hospitaliers de la capitale ferait plus de bruit que celle d’une clinique de province. (cf. deux articles du quotidien du médecin de février et mars 2003)

Souhaitez-vous que j’insère vos courriels en l’état, ou avez-vous une autre réponse à nous communiquer ?

Dans cette attente, bien cordialement. Dr Xavier BEAUCHAMPS

Pièces jointes :

Article du 07-Fév-2003

La stérilisation des hôpitaux de l'AP-HP fonctionne souvent sans autorisation
Neuf établissements parisiens de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ne sont plus autorisés à exercer tout ou partie de leurs activités optionnelles de pharmacie (il s'agit de la stérilisation, des préparations hospitalières stériles et de la radio-pharmacie), tandis que six autres ont reçu le feu vert du préfet de Paris pour les poursuivre.
La Pitié-Salpêtrière, Cochin, Saint-Antoine, Necker, Tenon, l'Hôtel-Dieu, Georges-Pompidou, Bichat et Lariboisière - d'autres hôpitaux de banlieue de l'AP devraient suivre et l'ensemble des hôpitaux publics pourraient vite être touchés - font les frais d'une nouvelle procédure d'autorisation instaurée par un décret du 26 décembre 2000. Ce texte donnait aux hôpitaux jusqu'au 31 janvier 2003 pour s'adapter à de nouvelles règles de stérilisation, transformer leurs locaux, engager du personnel, bref, investir. Tous, loin s'en faut, ne l'ont pas fait, même si des travaux ont bel et bien été programmés. L'AP-HP promet de proposer « avant le 15 mars » un plan de remise aux normes pour chacun des hôpitaux en cause. Dans l'intervalle, ceux-ci s'organisent avec une sous-traitance interne (tous les blocs d'un même hôpital ne sont pas forcément concernés par les refus d'autorisation) ou externe ; certains passent outre les interdictions et continuent de stériliser. Désormais « hors la réglementation », ils s'exposent aux poursuites en cas de contamination accidentelle de patients.

Article du 17-Mar-2003

Stérilisation non conforme à l'AP-HP : la mairie de Paris défend la continuité des soins
Alors que plusieurs hôpitaux de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) n'ont pas reçu l'autorisation de continuer leur activité de stérilisation en raison d'une non conformité aux normes, le président suppléant de l'institution, Alain Lhostis, adjoint au maire de Paris chargé de la Santé, estime qu'il n'est pas « raisonnable de mettre en danger, au nom d'un risque hypothétique, des patients ayant des besoins de soins immédiats et réels ». Sans dédouaner les hôpitaux fautifs de leur manque d'empressement à se plier aux règles, Alain Lhostis « déplore une fois de plus que les réformes concoctées dans le secret des bureaux ministériels, sans véritable évaluation des coûts qu'elles induisent, ne soient pas accompagnées des financements nécessaires à leur bonne application ».

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De Dominique THIVEAUD Pharmacien à Xavier BEAUCHAMPS

26 avril 2004

Tant pis ou tant mieux pour la publicité, mais Ok pour publier le message que je vous ai adressé semaine dernière.
Et bon courage d'animation!
Dominique THIVEAUD
Pharmacie


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Du Dr Oufroukhi à Dominique THIVEAUD & Armelle DEVELAY

25 avril 2004

Madame


Ayant pris connaissance de votre courrier adressé à Xavier Beauchamps; je me permets de vous apporter quelques éclaircissements:
1. je suis loin d'avoir une quelconque prétention d'écrivain ni de journaliste, l'article exprime simplement un point de vue, un sentiment, sur lequel je comprends votre désaccord, mais d'où je ne retirerai aucune virgule.
2. le droit de réponse est un droit, ne vous en privez surtout pas le site de Cochise est à votre disposition pour ce faire.
3. mon article n'attaque pas la personne de la pharmacienne, loin s'en faut, mais met en exergue une certaine conception des négociations public-privé
4. la position exprimée est la mienne est celle de mes collègues de la clinique, et a été exprimée publiquement devant toutes les instances y compris hospitalières,
5. je suis persuadé que ce que vous appellez le "contexte politico administratif très complexe et surtout peu stabilisé" explique certainement la position de votre collègue
6. je n'ai pas porté, contrairement à ce que vous affirmez le moindre jugement sur la compétence en matière de stérilisation ni émis le moindre doute sur la qualité de Mme Clérouin, et je vous laisse la responsabilité de ces propos.
7. ce que vous appellez débordement, est un point de vue qui vaut ce qu'il vaut dans le contexte où il est vécu.
8. je constate avec envie, l'esprit de corps qui vous anime, ce qui est malheureusement loin d'être le cas dans ma profession

En vous en souhaitant bonne réception. Bien cordialement


Dr Oufroukhi Saumur