Accueil

M. Raffarin se montre à l'écoute des médecins spécialistes libéraux

30/04
21:21 Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'est montré à l'écoute des médecins spécialistes libéraux vendredi, affirmant qu'ils n'étaient pas les "mal aimés du système" et qu'il voulait les associer à la réforme du système de santé.

"J'ai entendu l'aspiration des médecins spécialistes libéraux. Cela m'a été dit avec force, parfois avec véhémence", a-t-il déclaré en conclusion d'une table ronde avec une vingtaine d'entre eux à la clinique La Quintaine de Montargis (Loiret).

"Les spécialistes libéraux ont de vraies interrogations. Parfois ils ont un peu le blues", a-t-il concédé, alors que ces médecins (chirurgiens, gynéco-obstétriciens, ophtalmologistes...) dénoncent une crise profonde de leur profession.

"Je suis venu leur dire qu'ils n'étaient pas les mal aimés du systèmequ'on avait aussi besoin d'eux, de les intégrer dans l'avenir conventionné que nous préparons", a-t-il poursuivi.

Face à des rémunérations jugées insuffisantes, nombre d'entre eux qui exercent en "secteur 1", c'est-à-dire avec des honoraires conventionnéseuros la consultation en moyenne), procèdent à des dépassements d'honoraires, ce qui est illégal. Le montant supplémentaire de la consultation n'est pas remboursé aux patients.

Selon l'entourage de M. Raffarin, la réforme doit faire revenir ces professions dans le système conventionné en leur proposant un paquet associant "efforts" et "progrès".

Pour enrayer la "course aux actes", le gouvernement pourrait leur proposer d'en réduire le nombre, en l'encadrant dans des référentiels de soins (soit un nombre précis d'actes prescriptibles pour une pathologie donnée), avec en contrepartie de meilleurs honoraires.

"La logique, c'est moins d'actes, mieux valorisés. Il faut organiser mieux pour dépenser mieux pour soigner mieux", a-t-on indiqué.

"J'ai vraiment comme perspective l'idée de justice et l'idée de liberté", a noté le Premier ministre. Selon son entourage, "il n'est pas possible de faire de réforme sans ou contre les professionnels". Pour ce faire, il va falloir leur proposer "une réforme de progrès, pas seulement de sacrifices".

Le président du syndicat des médecins libéraux (SML) Dinorino Cabrera préconise de son côté d'augmenter "la valeur nominale" des actes, "non pas pour que le médecin gagne plus mais pour qu'il fasse moins d'actes".

Les chirurgiens libéraux dénoncent l'explosion des primes d'assurance en responsabilité civile professionnelle (RCP), des honoraires qui n'ont pas été revalorisés depuis 8 à 14 ans selon les cas et une crise de vocation chez les jeunes internes. Ils menacent de cesser leur exercice à la fin de l'été et de quitter la France.

La nouvelle classification commune des actes médicaux (CCAM), attendue pour juin, devrait permettre une meilleure appréciation de leurs actes.

AFP

Raffarin à la rencontre des médecins spécialistes



« Le Premier ministre veut rencontrer des médecins de terrain, des spécialistes de la médecine ambulatoire, pour connaître exactement leurs préoccupations et leurs problèmes dans leur exercice quotidien. C'est pourquoi il m'a demandé d'organiser cette rencontre entre lui et des médecins libéraux. »
Le Dr Jean-Pierre Door, cardiologue, mais surtout député-maire UMP de Montargis (Loiret) et membre de la mission parlementaire sur l'assurance-maladie, est ravi de l'occasion qui lui est donnée de faire connaître à Jean-Pierre Raffarin « les réalités du terrain », comme il le dit.
Une douzaine de médecins spécialistes - chirurgiens, orthopédistes, chirurgiens, cardiologues, gynécologues notamment - ont participé à cette rencontre qui s'est déroulée dans un établissement de soins privé de Montargis.
L'occasion pour ces praticiens d'expliquer au Premier ministre les problèmes qu'ils rencontrent et leurs revendications en matière d'honoraires et sans doute de primes d'assurances en responsabilité civile médicale.
« Le Premier ministre avant d'avancer plus loin dans la réforme de l'assurance-maladie a voulu écouter les médecins, se réjouit encore le Dr Jean-Pierre Door, notamment ceux qui exercent en régions et qui ont souvent du mal à se faire entendre. On ne peut que s'en féliciter. »

> J. D.