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Déconventionnement : les spécialistes sautent le pas
Sandra Boutin

 


Ils avaient déjà fait une première tentative l´an passé, souhaitant emmener les médecins dans une vague de déconventionnement national sans précédent. « Le mouvement n´était pas mûr » alors, se souvient Carole Cornu, porte-parole de la coordination nationale des médecins spécialistes. Aujourd´hui, au contraire, tous les départements devraient suivre le mouvement et toutes les spécialités devraient être touchées, assure-t-elle, dans une interview accordée à Egora.

Rebelote donc pour les médecins déçus du secteur 1, lesquels dénoncent les sanctions infligées à ceux d´entre eux qui pratiquent des dépassements par les caisses et s´en prennent à « l´incapacité des gouvernements successifs à trouver une issue favorable à la situation catastrophique des spécialistes de secteur 1 ». Dans la même veine que les chirurgiens, la coordination nationale des médecins spécialistes entend donc faire parler d´elle et peser de tout son poids sur la réforme de l´assurance maladie qui se profile. « Après deux ans d´obtention de rien, de non écoute, deux euros lâchés comme une aumône, qui ne représentent rien et ne sont pas octroyés à tout le monde », il n´y avait pas d´autre choix que de lancer un tel mouvement, explique le Dr. Cornu. Et d´ajouter : « on connaît les difficultés financières des caisses. Mais il ne faut pas mélanger le trou de la sécu et la qualité des soins que l´on doit être en mesure d´offrir à nos patients ». Pour elle, la question est finalement de savoir si l´on veut maintenir une médecine de qualité ou non. Et, pour cela, elle considère que « ce qui peut nous permettre d´assurer notre mission, ce sont les mutuelles complémentaires » qui prendraient en charge les hausses d´honoraires des médecins.

« Ce qu´il faut bien comprendre, c´est que l´on défend notre outil de travail », insiste Carole Cornu. Concrètement, les coordinations et la Cnamlib – qui s´étaient réunis en assemblée générale à Poitiers ce week-end – réclament donc la levée des sanctions contre les médecins poursuivis mais aussi la création d´un « secteur unique librement modulable (SULM) avec reprise de négociations équitables ». Si, d´ici le 8 juin prochain, ils n´obtenaient pas de réponse du gouvernement, ils mettraient leur menace à exécution : le déconventionnement national serait effectif dès le 18 juin. Enfin, à la question de savoir si la coordination et la Cnamlib ont déjà obtenu un rendez-vous avec Philippe Douste-Blazy et Jean-Pierre Raffarin, le Dr. Cornu répond : « je ne peux pas vous répondre. Interprétez cela comme vous voulez ». Elle acceptera toutefois de nous préciser, concernant l´aboutissement du mouvement : « je suis confiante ».