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du lundi 7 juin.

« Les Français refusent l'immobilisme »


POUR PHILIPPE DOUSTE-BLAZY, la très faible participation des salariés aux manifestations syndicales s'explique par le fait que les Français, majoritairement, approuvent la nécessité d'une réforme. Par ailleurs, le ministre de la Santé lève le voile, pour « le Parisien Dimanche », sur les ajustements qu'il officialisera demain : Non, les spécialistes n'auront pas la liberté tarifaire en cas de consultation directe ; oui, les 2,5 millions d'assurés sans complémentaire bénéficieront d'une aide pour en souscrire une.

Entre 120 000 et 220 000 personnes dans les rues pour protester contre la réforme de l'assurance maladie, c'est dix fois moins que pour les retraites ? Qu'en pensez-vous ?

Philippe Douste-Blazy : Les Français ont compris qu'il fallait sauver l'assurance maladie ; 32 milliards d'euros de déficit cumulé, c'est énorme. Et si rien n'est fait, à terme, ce sont les plus modestes qui ne pourront pas être bien soignés. Or, pour sauvegarder notre système et éviter la mise en place d'une médecine à deux vitesses, le pire ennemi est l'immobilisme. C'est ce que refusent précisément les Français.Cela démontre aussi que nos concitoyens ne sont pas contre les réformes à condition qu'on les leur explique clairement.C'est, modestement, ce que je m'emploie à faire.

Plusieurs syndicats, CFDT en tête, attendent de vous des assouplissements sur certains points, en particulier sur la liberté tarifaire des spécialistes. Allez-vous leur donner satisfaction ?

Philippe Douste-Blazy : Nous souhaitons, vous le savez, inciter les patients à commencer par consulter leur médecin traitant avant d'aller voir un spécialiste, de manière à responsabiliser les malades et les professions de santé et à casser la tendance folle de progression des dépenses de santé. Dans le cas contraire, une convention, actuellement en discussion avec l'ensemble des parties concernées, fixera les différentes conditions tarifaires. Ce qui signifie qu'il ne devrait pas y avoir de liberté tarifaire.

2,5 millions d'assurés sociaux n'ont pas de couverture complémentaire maladie. Le président Chirac s'était engagé à les aider à en avoir une. Prévoyez-vous de leur octroyer une aide pour qu'ils puissent en souscrire une ?

Philippe Douste-Blazy : Le sujet est très important et tient à la mise en place mal maîtrisée de la couverture maladie universelle qui a exclu tous ceux qui étaient juste au-dessus du seuil. Le président de la République s'est, en effet, engagé sur cette question et le Premier ministre a récemment annoncé que 300 000 enfants seraient mieux pris en charge. Pour ma part, j'aurai l'occasion très rapidement de faire des propositions concrètes sur ce dossier.

Avec l'intention de revoir la répartition des généralistes sur le territoire ?

Philippe Douste-Blazy : Nous ne pouvons pas continuer à voir se développer des zones comportant une couverture médicale déficiente. Je pense, à titre personnel, que le décret fixant la définition des zones désertifiées doit être revu, car trop peu de zones sont éligibles aux incitations.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, affirmait hier que votre plan était « injuste et inopérant ». Que lui répondez-vous ?

Philippe Douste-Blazy : Hormis des impôts supplémentaires et la taxation des entreprises à haute valeur ajoutée qui pénaliseraient notre industrie et notre recherche, où sont les propositions du Parti socialiste en matière d'assurance maladie ? Voilà pourquoi leur musique sonne particulièrement faux sur ce dossier.

Quelle sera, dans les semaines qui viennent, votre calendrier pour la réforme ?

Philippe Douste-Blazy : Dès demain, j'apporterai aux différents partenaires les dernières clarifications. Nous pourrons ensuite passer le projet en Conseil des ministres le 16 juin, pour commencer la discussion parlementaire à la fin du mois. A cette occasion, le texte pourra encore évoluer si nécessaire.

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Il avait dit :

Et maintenant il dit :

Après 15 ans de blocage du tarif opposable des actes techniques, 9 ans pour les actes cliniques, les spécialistes attendont donc que l'équilibre budgétaire de l'assurance-maladie soit rétabli pour espérer voir augmenter ces tarifs. Tous égaux dans ce marasme ? Non les seuls spécialistes du secteur 1 devront continuer à appliquer des tarifs que les secteurs 2 pourront continuer eux à dépasser. Et le secteur 2 restera fermé aux S1 qui ont eu l'immense tort de faire confiance au système conventionnel.

Jusqu'à quand continuera ce scandale ?Jusqu'à notre retraite ? Ou jusqu'à notre révolte ?

Il y a un 6 juin. Mais il y aura aussi un 14 juillet. Et aussi une nuit du 4 aout.

Après avoir dit : " Les revendications des spécialistes sont légitimes." Philippe DOUSTE-BLAZY n'accède à aucune des demandes des mêmes spécialistes.