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PANORAMA DU MEDECIN

Dinorino Cabrera : «La réforme va dans le bon sens»


par Alexandre Dhordain (Panorama du Médecin du 7 juin 2004 n°4938)


Le président du Syndicat des médecins libéraux (SML), Dinorino Cabrera, soutient le projet de loi sur la Sécu. Il permettra, selon lui, d'améliorer le sort des médecins

Panorama du médecin : Le gouvernement a présenté son projet de loi pour la réforme de la Sécu. La CSMF a très vigoureusement dénoncé ce texte, tandis que la FMF faisait part de sa déception. Quelle est la position du SML ?
Dinorino Cabrera : Il n'y a aucune raison aujourd'hui de hurler avec les loups. Dans le syndicalisme, il y a deux façons de faire: la première, c'est de râler et de donner l'impression d'être efficace; la seconde, c'est d'intervenir avec diplomatie pour arriver à de meilleurs résultats. Le SML a adopté cette solution.

Approuvez-vous le plan présenté par le gouvernement ?
Le projet de loi n'est pas encore totalement verrouillé. Pour preuve, toute la semaine dernière, nous avons eu plusieurs réunions pour obtenir des précisions, des modifications et des adaptations. Les discussions que nous avons pu avoir sont rassurantes. Pour le moment, les choses vont dans le bon sens. Même s'il y a, bien entendu, des points à préciser. Aujourd'hui, le gouvernement fait confiance aux médecins car il a besoin d'eux pour réussir la réforme. Les médecins ont d'ailleurs intérêt à ce que cette réforme réussisse.

Quel est le principal apport pour les médecins ?
Aujourd'hui, nous avons la possibilité d'améliorer le sort des généralistes et des spécialistes, notamment par le biais du médecin traitant et par la revalorisation du rôle de consultant des spécialistes. En outre, nous souhaitons entamer, dès à présent, le début des discussions avec le gouvernement sur ce que pourra contenir une nouvelle convention.

Justement, le projet de loi renvoie une grande partie des dispositions concernant les médecins à la négociation conventionnelle. Comment le gouvernement peut-il donner des gages sur son futur contenu ?
Il n'y a pas de marché de dupes. La négociation actuelle donne un cadre de discussion pour la convention. Aujourd'hui, le projet de loi prévoit, par exemple, le parcours de soins avec des possibilités de dépassements d'honoraires. Jusqu'à présent, la loi ne le prévoyait pas. Nous aurons une part de confiance à concrétiser, mais nous ne pouvons pas dire que nous avons été trompés.

Le projet de réforme prévoit qu'en cas de désaccord avec l'Uncam un arbitre tentera une conciliation et à défaut édictera un règlement arbitral. Quelle est la différence avec le RCM dont le SML demande la disparition ?
C'est effectivement une nouvelle forme de RCM. Le gouvernement propose qu'une personnalité neutre – pas le gouvernement, ni un syndicat qui s'entend avec les caisses sur un RCM – puisse édicter un texte provisoire. Entre notre position et le RCM, c'est une proposition médiane acceptable…

La seule possibilité pour les spécialistes secteur 1 de pratiquer des dépassements d'honoraires aux patients hors parcours suffira-t-elle à régler la crise actuelle ?
Dans le cadre du parcours de soins, la consultation du spécialiste doit être fortement revue à la hausse. Hors parcours, les dépassements d'honoraires seront possibles pour les spécialistes afin qu'ils puissent diminuer leur activité pour travailler mieux.

Le projet de loi envisage de sanctionner individuellement les médecins et les patients qui ne respecteraient pas les règles du jeu. Qu'en pensez-vous ?
Les sanctions à l'encontre des médecins se feront dans le cadre conventionnel. Si toutes les garanties sont prises et si un médecin ne respecte pas les protocoles de soins, ni les règles de bonnes pratiques, cela ne nous choque pas qu'il ait des comptes à rendre à la collectivité. Il faut simplement que les droits de la défense soient respectés dans le cadre conventionnel et que les sanctions éventuelles ne soient pas disproportionnées.

Le C à 20 a eu deux ans ce week-end. Est-ce le moment de reparler de revalorisation pour les généralistes ?
Le souhait serait bien entendu de demander une revalorisation. Mais, aujourd'hui, je ne suis pas sûr que le moment soit très opportun de rentrer dans une surenchère de tarification. Nous aurons d'autres façons d'obtenir une revalorisation du travail du généraliste.

Comment ?
Nous verrons cela dans le cadre de la prochaine négociation.

En Savoir Plus

La Cnamts évalue à 5 ou 6 milliards d'euros les dépenses injustifiées en médecine de ville.
Que vous inspirent ces chiffres? Ces chiffres m'étonnent fortement. L'an passé, les gisements d'économies de la Cnamts s'élevaient officiellement à 60 millions d'euros. Aujourd'hui, je découvre que nous pouvons faire plus de 100 fois plus. De deux choses l'une: ou les premiers chiffres étaient faux, ou les seconds sont faux. Je doute de la véracité de ce dernier chiffrage. Cela dit, aujourd'hui, des économies sont effectivement possibles.