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9/06/2004

Un sondage Ipsos-Csmf plébiscite la médecine libérale de proximité


Plus de huit Français sur dix ont un médecin de famille


Les Français sont fidèles à leur médecin de famille libéral : 82 % d'entre eux, selon un sondage réalisé par Ipsos pour la Csmf, affirment être attachés à un généraliste qu'ils consultent régulièrement. Largement favorables au système libéral, ils estiment, à 61 %, que la France ne compte pas assez de généralistes et, à 69 %, qu'elle ne totalise pas assez de spécialistes. On notera aussi avec intérêt que si les Français sont favorables à un contrôle accru des arrêts de travail pour résoudre le déficit de l'assurance-maladie, en revanche, la franchise de 1 euro par consultation ou l'instauration du dossier médical informatisé les laisse très dubitatifs.

75% des Français préfèrent l'exercice libéral de la médecine au salariat(Photo S Toubon/"le Quotidien")
VOILA BIEN UN RESULTAT qui fera rougir de plaisir plus d'un médecin libéral et qui aidera les syndicats médicaux dans leurs prochaines négociations avec les pouvoirs publics et l'assurance-maladie.
Le sondage (1) réalisé par l'institut Ipsos pour le compte de la Confédération des syndicats médicaux français (Csmf) et qui est présenté aujourd'hui par le président de ce syndicat, le Dr Michel Chassang, confirme en effet l'attachement des Français à la médecine libérale de proximité et au médecin de famille : 86 % des personnes interrogées déclarent être attachées à un médecin libéral et plus particulièrement (82 %) à un médecin généraliste de ville, qu'ils consultent régulièrement. Cet attachement est plus marqué chez les femmes (85 % contre 78 % pour les hommes) et chez les plus de 35 ans (86 % contre 75 % pour les autres ). Quatre pour cent sont attachés à un spécialiste ; 1 % déclare consulter régulièrement un médecin hospitalier.
Autre résultat intéressant : la volonté des Français de préserver l'exercice libéral . 78 % d'entre eux préfèrent ce système au salariat en vigueur dans d'autres pays, surtout, répondent-ils, parce que le médecin libéral « est à mon écoute et me connaît bien ». Autres raisons invoquées, la proximité et l'assurance de consulter le médecin de son choix.
A noter, et ce résultat ne doit pas être négligé, que, chez les moins de 35 ans, 20 % choisissent le salariat et 70 %, le système libéral : en clair, les plus jeunes semblent moins sensibles à ce concept d'une médecine libérale, même s'il reste largement majoritaire dans cette population. Les partisans du salariat mettent en avant le moindre coût, selon eux, d'un acte effectué par un médecin salarié. Une réponse qui ne manque pas de surprendre le Dr Michel Chassang, « quand on sait, dit-il, que l'hôpital pèse pour la moitié des dépenses de l'assurance-maladie ». Mais, pour un certain nombre de personnes interrogées, le salariat n'est évidemment pas synonyme d'hôpital et a fortiori d'hospitalisations.


Pas assez de médecins libéraux.
Les Français, très attachés à leur médecin, et à leur médecin libéral, en particulier, semblent cependant craindre l'avenir sur ce point. Ainsi, 61 % des personnes pensent qu'il n'y a plus aujourd'hui assez de médecins généralistes libéraux et 69 %, pas suffisamment de spécialistes. Etonnant, commente encore la Csmf, alors qu'il n'y a pas de files d'attente devant les cabinets médicaux et que le « nombre des médecins n'a jamais été aussi élevé ». C'est, peut-être, dans « l'inégalité des médecins sur le territoire qu'il faut trouver une explication à ce sentiment », explique la Confédération. Et encore, les Français n'ont-ils pas accès à certaines données des conseils départementaux de l'Ordre (« le Quotidien » du 2 juin), qui révèlent que moins d'un tiers des médecins qui se sont inscrits à l'Ordre pour la première fois en 2003 se sont installés en libéral.


Une affiche dans les cabinets médicaux.
Enfin, interrogés sur diverses solutions évoquées pour combler le déficit de l'assurance-maladie, les Français ne sont que 24 % à se rallier au principe d'une franchise de 1 ou 2 euros par consultation. Ils sont encore moins nombreux (19 %) à estimer que le dossier médical personnel et informatisé permettra de faire des économies. Limiter le recours à l'hôpital ne recueille les suffrages que de 15 % des personnes interrogées et, réponse rassurante pour les médecins libéraux, 10 % seulement estiment qu'il faudrait diminuer les honoraires des médecins. De même, ils écartent résolument toute augmentation des impôts et des cotisations.
En revanche, ils estiment à 63 % qu'il faudrait d'abord contrôler les arrêts de travail pour faire des économies, revoir la gestion et l'organisation de la Sécurité sociale (50 % de réponses). Troisième mesure préconisée : la limitation du nombre de médicaments, mais elle ne recueille que 42 % des suffrages.
Il est clair que ce sondage ne peut que satisfaire les médecins libéraux qui voient une nouvelle fois leur rôle mis en valeur. Ce qui n'était pas joué d'avance.
Pour le président de la Csmf, les Français ont montré leur « préférence indéfectible pour une médecine de proximité et à ses acteurs que sont les médecins généralistes et spécialistes libéraux ». Des résultats que devront prendre en compte les parlementaires lors du vote de la réforme de l'assurance-maladie, explique encore le président de la Csmf, qui veut dès maintenant tirer bénéfice de ce sondage en demandant aux médecins d'accrocher dans leur salle d'attente une affichette qui énoncera un simple slogan : « Proche de moi, j'ai mon médecin, j'y tiens ». Une affiche qui leur sera adressée par l'intermédiaire de la presse professionnelle.


> JACQUES DEGAIN


(1 Sondage effectué par l'institut Ipsos pour la Confédération des syndicats médicaux français, le 21 et 22 mai 2004, auprès de 1 013 Français constituant un échantillon national représentatif de la population âgée de 15 ans et plus. Interviews réalisées par téléphone, selon la méthode des quotas : âge, profession du chef de famille, catégorie d'agglomération et région.


Le Quotidien du Médecin du : 09/06/2004