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Paris le 11 juin 2004

Docteur Jean François REY
Président de lU.ME.SPE
79, rue de Tocqueville
75017 PARIS


Monsieur le Président,
Cher Ami,

La situation des confrères en Secteur 1, en particulier (mais pas exclusivement) en spécialité devient intenable, avec un blocage des honoraires de consultation depuis 9 ans et des actes techniques depuis 14 ans.

C'est tellement énorme qu'aucun journaliste même consciencieux, ne parvient à relayer cette information. Personne ne peut nous croire.
Chacun de nous sait pourtant que c'est la simple vérité avec une perte de valeur réelle de 50%environ des actes techniques sur cette période, aboutissant à une multiplication non pas des actes mais des heures travaillées.

Mes renseignements concernant le fonctionnement de la médecine libérale en Europe sont particulièrement affligeants : nous sommes de très loin les plus mal lotis y compris en Grèce et au Portugal.

Je note avec intérêt la décision de la CPAM de la Loire concernant nos confrères gynécologues accoucheurs. Cette mesure doit s'appliquer à l'ensemble des spécialistes en Secteur 1 dans l'attente d'une refonte complète de la nomenclature qui est en cours. La seule question est son financement.

Que l'on cesse dans la presse de faire croire que "seuls les Français vont payer et que l'on épargne les spécialistes libéraux". 14 ans de blocage des REVENUS HORAIRES me paraissent une participation suffisante aux efforts collectifs pour réduire les dépenses, de la part des libéraux spécialistes ; les généralistes ont également largement contribué par un blocage qui n'a été levé que l'an passé.


Notre Syndicat de Verticalité demande donc instamment aux Syndicats Horizontaux qui nous représentent de soutenir avec la plus grande énergie cette généralisation de cet accord local de la Loire. Nous avons en effet beaucoup donné et mérité de la patrie en matière de modération de revenus ces dix dernières années. Je rappelle que 50% de D.E. tolérés représentent moins de 1% de surcharge de cotisation des complémentaires, si elles acceptaient de les prendre en charge. Il s'agit donc bien d'un blocage politique et non pas technique ou financier.

C'est aussi le prix à payer pour continuer à avoir une médecine spécialisée de proximité hautement performante. Si cela ne correspond pas à l'orientation générale du politique actuel, alors il faut le dire et agir en conséquence, c'est à dire intégrer tous les médecins spécialistes libéraux au sein de la structure hospitalière publique. Je rappelle que le statut des médecins spécialistes anglais hospitaliers est particulièrement enviable pour les libéraux français.

Un minimum de courage est essentiel pour agir. C'est ce minimum que nous ne voyons pas transparaître dans les décisions actuelles qui conditionneront les comportements des nouvelles générations de médecins.

Bien amicalement.


Docteur Bertrand GEOFFRAY
Président

Syndicat National des Médecins Spécialisés en
O.R.L. et Chirurgie Cervico-Faciale