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Tout sur chirurgiens de France

21 juin 2004 Sandra Boutin

 

 

Xavier Gouyou-Beauchamps : la menace des chirurgiens toujours d´actualité



Ce n´est pas parce qu´un conseil national de la chirurgie vient d´être créé que les chirurgiens ne mettrons pas leurs menaces à exécution si on les y pousse. Xavier Gouyou-Beauchamps (groupe Cochise, membre de Chirurgiens de France), dans une interview accordée à Egora, dit rester sur ses gardes.

Jeudi dernier, Philippe Douste-Blazy installait donc le conseil national de la chirurgie, présidé par le député UMP Jacques Domergue - co-auteur, avec Henri Giudicelli, du rapport « la chirurgie française en 2003, les raisons de la crise et les propositions » - , et composé d´une quinzaine de membres, parmi lesquels Philippe Cuq, Jean-Gabriel Brun et Jacques Meurette, tous membres de Chirurgiens de France. Pour Philippe Douste-Blazy, « l´objectif de ce conseil est extrêmement simple : me proposer des solutions concrètes avant la fin du mois d´octobre pour réconcilier les Français avec leurs chirurgiens et arrêter l´hémorragie des effectifs, en améliorant les conditions de travail dans ce métier, et le revenu ».

Bien conscient de la volonté du ministre de la Santé de calmer l´ardeur des chirurgiens, Xavier Gouyou-Beauchamps prévient que ces belles intentions n´empêcheront pas ces derniers de mettre leur menace de quitter la France (lire dans notre édition du 27 avril dernier) à exécution dès septembre si rien n´a changé d´ici là.

Jacques Domergue a pour mission de traiter les questions de la revalorisation des honoraires des chirurgiens mais aussi de régler la problématique de la RCP. Mais, note le créateur du groupe Cochise, il ne faut pas oublier le problème de la réunification nécessaire des chirurgiens en un secteur unique. C´est un cheval de bataille qu´en tout cas lui n´a pas l´intention d´oublier.

De même, signale-t-il, depuis quelque temps, on semble avoir oublié l´enveloppe nécessaire à la mise en place de la nouvelle nomenclature des actes. Si elle n´était pas accordée, dit-il, cela conduirait à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Ainsi, des chirurgiens pourraient être réévalués « sur le dos » des gastro-entérologues, la colectomie étant sans doute mieux rémunérée dans ce cadre et la coloscopie dévaluée. Il faut donc qu´une « rallonge » permette d´éviter cela, faute de quoi des spécialités monteront sans aucun doute au créneau.

Enfin, le Dr. Xavier Gouyou-Beauchamps considère que c´est sans doute la menace des chirurgiens qui a entraîné la création du conseil national, lequel doit se réunir trois jours durant au cours de la semaine pour être en mesure de faire des propositions au ministre avant que la loi portant réforme de l´assurance maladie ne passe. Aux yeux du chirurgien, cette initiative est en ceci positive qu´elle permettrait peut-être d´éviter que les chirurgiens ne laissent à nouveau leur sort entre les mains des caisses, « qui nous ont menti depuis quinze ans » et dont les pouvoirs seront accrus après la réforme. De toutes façons, considère-t-il, « si le ministre veut faire quelque chose pour nous, il peut marquer dans le marbre sa volonté en l´intégrant dans la loi de la réforme. Ce n´est pas exclu ! »