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Article du 21-Jun-2004 par Delphine CHARDON

Les travaux du conseil national de la chirurgie

« L'avenir va se jouer dans les dix prochains jours »


Chirurgiens de France, qui regroupe 3 000 chirurgiens, appelle à cesser toute activité à partir de la première semaine de septembre en l'absence de solutions à la crise que traverse la profession. Son porte-parole, le Dr Philippe Cuq, vient d'être nommé au Conseil national de la chirurgie. Il explique pourquoi son mot d'ordre reste plus que jamais d'actualité.


LE QUOTIDIEN - L'installation du Conseil national de la chirurgie est-elle une bonne chose ?


Dr PHILIPPE CUQ - On ne peut que se féliciter de cette prise de conscience du ministre, qui le distingue de ses prédécesseurs. Je suis plus nuancé en ce qui concerne le calendrier et les choses concrètes. Créer ce conseil et faire des propositions ne garantit pas leur application. C'est pourquoi notre action reste programmée. Aujourd'hui, il y a vraiment urgence sur deux points : il faut résoudre le problème tarifaire, la première des priorités pour Chirurgiens de France, et celui de la RCP [assurance en responsabilité civile professionnelle]. Le ministre a lancé des pistes. A la task force de Jacques Domergue, qui fera de première propositions dès aujourd'hui, de travailler.


Quel rôle personnel comptez-vous jouer au sein de ce conseil ?


Je suis l'initiateur et le coordinateur d'un travail rapide. Le diagnostic sur notre profession est fait et connu depuis plusieurs années. L'heure est venue des propositions concrètes. C'est pourquoi on veut aller très vite. Je me rends au conseil avec des idées très précises sur les nouveaux tarifs et les modalités de remboursement pour chaque opération. On attend un positionnement du ministre dans la foulée ; on n'a jamais vu des problèmes de cette ampleur se résoudre le 15 août. Philippe Douste-Blazy a parlé d'un possible raccrochage à la loi sur l'assurance-maladie, dont l'examen parlementaire débute le 29 juin. L'avenir du Conseil de la chirurgie va donc se jouer dans les dix prochains jours, et non cet été, comme l'a dit le ministre. Le président de la République présentera la loi sur l'assurance-maladie le 14 juillet. S'il n'annonce pas ce jour-là que nos deux principaux problèmes - tarifs et RCP - sont résolus, les dés seront jetés et le mouvement sera inévitable en septembre.


Trois mille chirurgiens, à l'appel de votre organisation, se disent prêts à cesser toute activité à partir du premier septembre. Avez-vous le sentiment que votre ultimatum a pressé Philippe Douste-Blazy d'agir ?


Les politiques n'aiment pas la pression, c'est une chose qui les fait bouger. Je pense que ce ministre a pris conscience de la réalité de terrain des chirurgiens. Il a aussi compris que notre mouvement est très grave. Car il pose la question : par qui serons-nous opérés demain ? C'est sûr que notre opération programmée depuis sept mois fait réfléchir. D'autant qu'on est plus mobilisés que jamais. Le 26 juin, notre assemblée générale donnera les modalités pratiques de notre action. Mais j'ai entendu le ministre lors de l'installation du conseil et je ne peux imaginer qu'il ne prenne pas de décision rapide ni qu'il enterre le dossier en octobre. Il m'a semblé très motivé.


Philippe Douste-Blazy appelle les quinze membres du conseil à parler d'une seule voix. Garderez-vous votre liberté de parole si les conclusions rendues ne vous plaisent pas ?


Je suis persuadé que les autres membres ont la même vision des choses que moi. Que nous venions du public ou du privé, nous défendons le même métier de chirurgien. De tous les membres, je suis sans doute celui qui représente le plus de chirurgiens en activité. Si le conseil fait des propositions qui ne me vont pas - s'il en sort par exemple une revalorisation de 10 centimes du KCC -, il est certain que l'appel à notre action de quitter le territoire français s'en trouverait renforcé.


> PROPOS RECUEILLIS PAR D. CH.