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Tout sur chirurgiens de France

Vendredi 2 Juillet 2004
Les chirurgiens font leurs valises
Sandra Boutin


Réunis en assemblée générale le week-end dernier à Paris, les Chirurgiens de France ont cette fois-ci fermement décidé de partir, transformant leur menace en acte. Ainsi, 4.000 chirurgiens – peut-être plus – s´apprêtent à déferler sur la Grande-Bretagne où, rapporte Philippe Cuq, les chirurgiens ne sont pas assez nombreux et vivent pourtant bien mieux qu´en France.

Compte tenu du fait que « la situation n´a pas bougé d´un demi millimètre », et bien que le conseil national de la chirurgie, présidé par le député Jacques Domergue, travaille véritablement à changer les choses, les spécialistes, parmi lesquels on trouverait même des hospitaliers, ont donc décidé de tenter leur chance outre-Manche. Et Philippe Cuq, porte-parole des Chirurgiens de France, de plaider sa cause et celle de ses nombreux confrères, dans une interview accordée à Egora : « la situation devient insupportable. Les tarifs n´ont pas évolué depuis quinze ans et cela va faire trois ans que nous sommes également confrontés au problème de l´assurance professionnelle. Il faut comprendre que c´est vraiment notre métier que l´on défend ».

Selon lui, aujourd´hui, « il n´y a plus à discuter, il faut agir ». La chirurgie a été « abandonnée dans un coin. La solidarité nationale et l´assurance maladie ne veulent pas rembourser les actes chirurgicaux. Pourtant, la chirurgie est une priorité », estime-t-il, soulignant que Philippe Douste-Blazy, dans son discours au conseil national de la chirurgie l´a lui-même admis.

Par ailleurs, le Dr. Cuq avance s´être intéressé, ces derniers temps, aux mutuelles. Désabusé, il signale que certaines d´entre elles « remboursent zéro en chirurgie ou très peu alors qu´elles acceptent de rembourser des paires de lunettes de soleil de marque ». Face à cela, plaide-t-il, « on est déterminé à partir mais on n´est pas joyeux, d´autant que l´on sait que cela ne sera pas sans conséquence ».

Le seul moyen de les empêcher de partir : qu´au-delà de belles déclarations d´intention, le ministère de la Santé et l´Etat leur permettent d´exercer leur métier dans des conditions convenables, avec des tarifs revalorisés…