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Tout sur chirurgiens de France

Docteur Thierry POURCHEZ Clinique Ambroise PARE
Ancien Interne des Hôpitaux d'AMIENS de BETHUNE-BEUVRY
Ancien Chef de Clinique rue DELBECQUE
Membre du Collège Français 62660 BEUVRY
de Chirurgie Vasculaire Tel : 03 21 63 44 00
Praticien Hospitalier temps partiel Fax : 03 21 63 45 34
du C.H. de BETHUNE-BEUVRY

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Monsieur le Professeur Jacques DOMERGUE
DEPUTE
ASSEMBLEE NATIONALE
126 Rue de l'UNIVERSITE
75355 PARIS 07

Double pour information à Monsieur le Docteur Jacques MEURETTE
Clinique SAINT AME
Rue Georges CLEMENCEAU
59552 LAMBRES LES DOUAI

CHIRURGIE VASCULAIRE BETHUNE, le lundi 21 juin 2004


Monsieur le député,



Vous avez rédigé un rapport parlementaire sur la chirurgie avec monsieur GIUDICELLI, et vous venez d'être nommé Président de la Commission intitulée "Conseil National de la Chirurgie".
Je suis chirurgien en secteur 1, par choix "social", alors que j'ai eu par 4 fois l'occasion de choisir le secteur 2 depuis mon installation en 1988. La dernière fois, c'était lors de l'instauration du réglement conventionnel minimal. Le Docteur MEURETTE nous avait alors conseillé de choisir le secteur 2.


J'ai débuté la procédure APOS 2 pour obtenir mon passage en secteur 2, à défaut d'une revalorisation "normale" des honoraires. Je fais partie d'une Coordination de Spécialistes qui recommande la perception de Dépassements Economiques. Mon état d'exaspération vis-à-vis de la situation actuelle est à un tel niveau que je n'hésiterai pas une seconde à me déconventionner si vous ne proposez pas des mesures dignes de ce nom pour rétablir un sort correct à notre spécialité. Il faudra en plus qu'elles soient acceptées par le Gouvernement et les Caisses, bien évidemment ! Je suis le seul sur mon bassin de vie à être en secteur 1 ce qui montre bien la gravité de ce que je viens d'écrire. L'alternative sera bien sûr de s'expatrier, et les pays d'accueil ne manquent pas pour moi.


Il ne faut pas espérer que des mesures stupides du genre CPP puissent un instant m'endormir. Dans le passé, les "montants compensatoires" en matière de politique agricole commune nous ont bien montré que les subventions réelles ou déguisées sont une impasse. J'ai refusé le CPP en début d'année car il était évident que la liberté inscrite dans la Constitution du pays était bafouée par ce type d'accord. Le Président de l'Ordre National des Médecins a dit très poliment tout le mal qu'il en pensait. J'ai d'ailleurs écrit au Directeur de la Caisse de Sécurité Sociale de LENS dont je dépends, une lettre expliquant clairement ce refus de signer un tel torchon. Seul Monsieur MATTEI a osé plaisanter sur "l'attractivité" du secteur 1 à propos de ce CPP. Il faut que les chirurgiens aient un accès au secteur 2, si les honoraires ne sont pas augmentés de façon significative. Et inutile de nous promettre la lune avec la CCAM qui doit être appliquée à enveloppe constante ou presque.
Je représente la 6° génération de médecins, mais aucun de mes trois enfants n'a voulu faire ce métier passionnant et très prenant, car en voie de paupérisation accélérée. Quand certaines spécialités auront disparu, je ne pense pas que ceci aura pour effet d'améliorer la santé de nos concitoyens. Le Professeur DUBERNARD a d'ailleurs prédit, lors des Etats Généraux de la Chirurgie à l'Assemblée Nationale le 7 décembre 2002, qu'il faudra ... importer des chirurgiens ! Ce qui existe depuis longtemps, mais à un degré moindre. Avec quelle compétence ? En pillant une fois de plus des pays pauvres ! Dans la hiérarchie sociale, le chirurgien rejoint le niveau de l'éboueur parisien, rarement né dans l'hexagone !


Partout en FRANCE, la désaffection des internes pour les spécialités "à risque" est flagrante, alors même qu'ils sont assurés de bénéficier du secteur 2 lors de leur installation et que la démographie leur permettra probablement de demander des honoraires considérables. Je crains même que les "dessous de table" se généralisent dans les hôpitaux publics ! Cette pénurie de médecins risque de provoquer un drame annoncé, et organisé par les Administrations et les Politiques de tous bords, qui fera beaucoup plus de victimes que la récente "canicule". Particularité : il ne s'agira pas que de personnes âgées ou très malades. Et ce n'est pas une Commission Parlementaire qui aura en charge une Enquête sur un événement qui a surpris tout le monde, mais il s'agira bien de la Cour de Justice de la République qui instruira un dossier très lourd, car prémédité par de nombreuses personnes très haut placées.


J'espère donc que la création de la commission que vous dirigez n'est pas faite pour enterrer l'affaire et fera mentir Monsieur CLEMENCEAU. La Nation a besoin de Médecins et de Chirurgiens en particulier, et elle doit donc s'en donner les moyens, et très vite. Elle attribue des sommes colossales aux hôpitaux, mais dit ne rien pouvoir faire pour les spécialistes libéraux, ni pour les chirurgiens.


Espérant que la raison pourra l'emporter, je vous prie de recevoir, Monsieur le Député, mes salutations respectueuses.